De 4 à 5 jours. C’est le délai médian dans les Ardennes pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste en 2025. C’est le cas dans 56 autres départements. Sauf que les délais augmentent. C’est le cas dans 45 départements, dont l’Aisne et les Ardennes. Et la médecine générale n’est pas la seule concernée. Les délais pour être vus par un chirurgien-dentiste augmentent dans 34 départements, dont la Marne et l’Aisne ; ceux pour une sage-femme dans 20 départements. C’est aussi le cas des ophtalmologues (15 départements, dont les Ardennes).
Un véritable enjeux sur le temps de soin
Les données de la dernière étude de Doctolib et la Fondation Jean Jaurès concernent les professionnels de santé utilisateurs de Doctolib. Et si les chiffres sur la médecine générale, nationaux comme régionaux, peuvent laisser apparaître une certaine stabilité (les départements signalés comme ayant des délais « en augmentation », le sont à partir d’une augmentation moyenne de 0,5 jours), cette stabilité cache de réelles difficultés des médecins sur le terrain. La lourdeur administrative, d’abord, avec nombre de logiciels différents, qui morcellent l’information et la rendent plus claire au lieu d’en faciliter l’accès. « Le temps consacré à rechercher, renommer ou classer l’information ne relève pas du soin. » souligne le docteur Jean-Michel Lemettre qui a contribué à l’étude. Le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques, ensuite, qui augmentent les besoins des patients.
Une évolution des pratiques pour répondre aux besoins et attirer des médecins
Pour permettre un meilleur accès aux soins, certaines structures proposent la télé-expertise et la télé-consultation. Cette dernière est stable avec 5% des actes.
Mais les médecins changent aussi de pratiques, délèguent davantage aux assistants médicaux et aux infirmiers en pratique avancée. Sont aussi vu le jour les CPTS, comme la CPTS Ardennes Rives de Meuse en 2024 ou celle du Rethélois en 2021. Les CPTS rassemblent les professionnels de santé pour améliorer la coordination des soins, réduire les disparités d’accès aux soins.
Et puis les territoires s’organisent et proposent de nouveaux modèles.Plusieurs acteurs, médecins et collectivités des Ardennes étaient venus parler du sujet dans
Parlons-en – le doc. Ardennes Métropole a voté en 2018 la construction d’une maison de santé à Tournes, et a été inauguré en 2025 à Fumay le Centre Intercommunal de Santé Ardennes Rives de Meuse, centre avec des médecins salariés libérés des tâches administratives. Le centre a ouvert en janvier dernier pas moins de 3 antennes dans la Pointe, à Givet, Revin,e t Vireux-Wallerand. Des antennes pourvues e matériel de pointe en partie financées par les communes afin d’attirer les médecins.
Du côté de Charleville-Mézières, le conseil municipal a voté en février dernier l’attribution d’une aide de 800 euros par mois aux étudiants en médecine : « L’idée est que, en l’échange d’un soutien financier, à hauteur de 800 euros par mois, ils signent un engagement pour que, lorsqu’ils deviennent médecin, ils aient l’obligation de s’implanter à Charleville-Mézières et d’y demeurer un minimum de cinq ans » expliquait Boris Ravignon dans les colonnes de L’Ardennais.
Initiatives salvatrice ? En tout cas, elles répondent à l’une des priorités identifiées par le docteur Jean-Michel Lemettre : renforcer l’attractivité du métier de médecin traitant ce qui implique de « réduire la charge administrative, de sécuriser le temps médical, de valoriser le suivi longitudinal et de permettre des organisations d’exercice adaptées. », et a réussi a Fumay. Le docteur Nicolas Villenet raconte la création de la maison de santé de Fumay dans un livre paru en mai 2025. Titre : Une oasis de médecins dans un désert médical, une success-story ardennaise.
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